SAMEDI 11 JUILLET – Une petite Savoyarde de 9 ans et 2 mois est devenue la plus jeune lauréate de l’histoire du diplôme national du brevet (DNB), effaçant des tablettes un record de précocité qui tenait depuis près de quatre décennies.
Alors que le taux de réussite national accuse une baisse de 3,9 points pour s’établir à 81,6 % cette année, Agnès Baldeck a non seulement décroché le précieux sésame, mais elle l’a fait avec une aisance déconcertante. Sa moyenne générale de 15,85/20, assortie d’une mention « bien », est le fruit d’une copie quasi parfaite : 20/20 en anglais, 17 en sciences, et 16 en mathématiques comme en français.
Un record qui défie le temps
Le précédent record de précocité pour cet examen national remontait à 1987. Cette année-là, Arthur Ramiandrisoa avait fait sensation en obtenant son brevet à l’âge de 9 et 11 mois. Trente-neuf ans plus tard, Agnès Baldeck fait mieux, avec une avance confortable de neuf mois sur ce vieux champion. Une performance qui force le respect, mais que son père et professeur, Nicolas Baldeck, tempère avec une étonnante modestie : « C’est une élève qui a des facilités, mais elle n’est pas exceptionnelle », a-t-il confié à ICI Pays de Savoie.
L’école à la maison, un rythme sur mesure
Derrière cet exploit se cache un choix éducatif assumé. Depuis la pandémie de Covid-19, Agnès suit sa scolarité à domicile, sous la houlette de son père. Un cadre qui lui a permis d’avancer à son propre rythme, loin du tempo imposé par une classe traditionnelle.
Loin des journées d’étude marathon, l’emploi du temps de la jeune prodige ressemble à celui d’une enfant épanouie. « Elle travaillait en moyenne trois heures par jour au lieu de huit heures, ce qui lui permettait de faire des activités extrascolaires », a détaillé son père. Danse, tennis, athlétisme, clarinette… La liste de ses loisirs témoigne d’une vie équilibrée, bien éloignée du cliché de l’enfant surdoué reclus derrière ses cahiers.
« En étant à la maison, elle a simplement fait l’école à son rythme, alors que dans une classe, elle aurait été ralentie par des élèves plus faibles », a encore fait valoir Nicolas Baldeck, pointant du doigt les limites d’un système scolaire uniformisé.
Un « acte politique » assumé
Pour le père de famille, l’inscription de sa fille au brevet des collèges dépasse largement le simple cadre familial. Dans un post publié sur LinkedIn, il qualifie cette démarche d’« acte politique ». « Passer le brevet à 9 ans, ce n’est pas normal. Passer ce brevet à 9 ans, ça devrait l’être », écrit-il, estimant que le niveau de sa fille correspond « à ce que les enfants de cet âge faisaient il y a quelques décennies ».
Une prise de position qui résonne comme un pavé dans la mare du système éducatif français, à l’heure où le ministère de l’Éducation nationale annonce un taux de réussite au brevet en baisse : 680 400 candidats admis sur 834 000 inscrits cette année.
Pas de rentrée au lycée en septembre
Malgré ce diplôme en poche, Agnès ne franchira pas les portes du lycée à la rentrée prochaine. Ses parents ont identifié des freins qu’ils jugent rédhibitoires pour une enfant de son âge. « Elle a des difficultés en rédaction. Une enfant de 9 ans n’écrit pas aussi vite qu’une adolescente. Et elle n’a pas encore la maturité pour étudier la philosophie », ont-ils expliqué, faisant preuve d’un réalisme pragmatique.
La suite du parcours s’annonce toutefois ambitieuse. La jeune diplômée pourrait se présenter aux épreuves du baccalauréat dès l’âge de 15 ans. « Ce n’est pas du tout impossible », assurent ses parents, laissant entrevoir un nouveau chapitre dans cette trajectoire hors norme. En attendant, Agnès Baldeck a déjà gravé son nom dans l’histoire de l’éducation française, rappelant que le talent, quand il est accompagné avec justesse, n’a pas d’âge.


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