Incendies dans les Landes : la colère monte face aux retards des moyens aériens

Landes Wildfire: Delayed Air Support Sparks Anger

Alors qu’un nouvel incendie a déjà ravagé près de 1 600 hectares à Luglon, le président du département des Landes, Xavier Fortinon, dénonce samedi 15 août sur franceinfo l’éloignement des avions bombardiers d’eau. Selon lui, le temps d’acheminement de ces renforts aériens est parfois « trop tard » pour contenir efficacement les flammes.

Le département des Landes fait face à son deuxième grand feu de forêt de la saison. Après l’incendie de Biscarrosse qui avait parcouru 3 600 hectares, c’est désormais le secteur de Luglon qui est en proie aux flammes depuis jeudi. Samedi, d’importants moyens ont été déployés : 550 pompiers, quatre Canadair, deux avions Dash et l’hélicoptère Chinook australien ont été engagés sur le front de l’incendie. Pourtant, cette mobilisation massive ne suffit pas à apaiser les inquiétudes des élus locaux.

Un cri d’alarme pour une base aérienne de proximité

Xavier Fortinon, président (PS) du conseil départemental des Landes, a profité de son passage sur franceinfo pour rappeler une demande formulée dès le début de l’été. Il a écrit au Premier ministre pour réclamer l’implantation d’une base aérienne de la sécurité civile à Mont-de-Marsan. Ce projet avait pourtant été annoncé par le gouvernement après les incendies dévastateurs qui ont touché la Gironde en 2022. Mais selon l’élu, il s’est heurté à une « fin de non-recevoir » de la part du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.

« Quand vous avez des moyens aériens qui sont très éloignés, le temps qu’ils arrivent, c’est parfois trop tard », a déclaré Xavier Fortinon. Il regrette amèrement que « le retour d’expérience de 2022 aurait dû servir mais tous les enseignements n’ont peut-être pas été suivis d’effet. »

Des atouts locaux sous-exploités

Le président du département insiste sur un paradoxe : les Landes disposent de nombreux points d’eau dans lesquels les Canadair pourraient réaliser des opérations d’écopage pour se réapprovisionner rapidement. Cette configuration géographique favorable rend, selon lui, l’absence d’une base permanente encore plus incompréhensible. La présence d’avions stationnés à proximité immédiate des zones à risque permettrait de gagner de précieuses minutes, voire de précieuses heures, dans la lutte contre les départs de feu.

L’incendie de Luglon a mobilisé des renforts venus de loin, y compris un hélicoptère prêté par l’Australie, soulignant la tension sur les ressources aériennes disponibles en France pendant la saison estivale. Les militaires du génie ont également été appelés en renfort des pompiers pour tenter de contenir l’avancée des flammes.

Une saison des feux sous haute tension

La situation dans les Landes illustre une problématique nationale plus large. Avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse et de canicule se multiplient, augmentant considérablement le risque d’incendies de forêt dans des régions qui n’y étaient pas historiquement confrontées avec une telle intensité. La gestion des moyens aériens de lutte contre les incendies devient un enjeu stratégique majeur.

En Gironde voisine, les incendies de 2022 avaient détruit plus de 30 000 hectares de forêt, un traumatisme encore vivace dans le sud-ouest de la France. Les leçons tirées de cette catastrophe avaient conduit à des promesses de renforcement des capacités de lutte, notamment en matière de positionnement des avions bombardiers d’eau. Mais pour les élus landais, ces promesses n’ont pas été tenues.

Une mobilisation qui ne faiblit pas

Sur le terrain, la lutte continue. Samedi après-midi, le préfet des Landes a indiqué que « le feu n’a pas augmenté » après avoir brûlé 1 580 hectares, laissant espérer une stabilisation de la situation. Les conditions météorologiques, avec des températures élevées et un vent changeant, restent toutefois préoccupantes pour les prochaines heures.

Les équipes au sol, épaulées par les militaires du génie, travaillent sans relâche pour créer des pare-feu et protéger les habitations menacées. L’hélicoptère australien, capable de larguer d’importantes quantités d’eau, a effectué ses premiers vols au-dessus de la zone sinistrée, apportant un soutien précieux aux Canadair français.

Xavier Fortinon espère que la médiatisation de cet incendie fera bouger les lignes à Paris. « Nous avons besoin de moyens aériens positionnés à proximité, c’est une question de bon sens », martèle-t-il. En attendant, les Landais retiennent leur souffle, espérant que les flammes seront maîtrisées avant qu’un nouveau drame ne vienne s’ajouter à une saison déjà éprouvante.

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