Un drame d’une violence inouïe a frappé Caen mercredi soir. Un homme a délibérément lancé son véhicule sur un groupe de personnes réunies près d’un bar, face à la gare, tuant deux personnes et en blessant neuf autres. Le suspect, un homme de 26 ans de nationalité russe et d’origine tchétchène, a été interpellé à Ouistreham, à une vingtaine de kilomètres de la ville, après avoir pris la fuite.
Un acte volontaire après une altercation
Les faits se sont déroulés vers 22h15. Selon les premières informations communiquées par le préfet du Calvados, David Clavière, « une voiture a délibérément foncé sur des piétons qui étaient sur la voie publique en face de la gare ». Le bilan, d’abord établi à un mort et sept blessés en urgence absolue, s’est alourdi dans la nuit : une deuxième victime, plongée dans le coma et en arrêt cardiorespiratoire, est décédée jeudi matin, portant le nombre de morts à deux.
D’après une source policière, le drame trouve son origine dans une bagarre survenue peu de temps auparavant. Le suspect aurait été pris à partie par plusieurs individus. Ivre de vengeance, il serait revenu au volant de sa voiture, aurait emprunté une voie de bus devant la gare de Caen, puis aurait foncé volontairement sur les hommes qui l’avaient agressé, alors qu’ils se trouvaient à un abribus. Dans sa course folle, il a également fauché d’autres personnes qui attendaient tranquillement leur bus, transformant un lieu de passage ordinaire en scène de chaos.
Un suspect sous les verrous, une enquête pour assassinat
Après les faits, l’automobiliste a réussi à s’échapper avant d’être finalement arrêté par les forces de l’ordre à Ouistreham. Placé en garde à vue, il a été entendu par les enquêteurs. Le parquet de Caen a rapidement écarté, « a priori », la piste terroriste, tout en soulignant que « les investigations ne font que commencer ».
Lors de son interrogatoire, le suspect a évoqué « des violences dont il aurait été victime sur le parvis de la gare avant les faits », a précisé le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue. « Ses déclarations vont être évidemment vérifiées de manière approfondie », a-t-il ajouté. Les analyses ont montré que l’homme n’était pas alcoolisé au moment des faits. Il était en situation régulière sur le territoire national et n’avait jamais été condamné pénalement. Il n’est pas non plus connu des services de renseignement.
Une enquête a été ouverte du chef d’« assassinat et de violence volontaire avec arme ». Elle a été confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée du Calvados. Les investigations devront déterminer avec précision les circonstances exactes de ce déchaînement de violence, et notamment le rôle exact de l’altercation initiale.
Des victimes de diverses nationalités
Le profil des victimes témoigne de la diversité des personnes touchées par ce drame. Selon une source policière, l’homme décédé mercredi soir est un ressortissant afghan de 35 ans. Les blessés, tous des hommes selon l’adjoint à la sécurité de la mairie de Caen, Bruno Coutanceau, sont de différentes nationalités. Le plus jeune d’entre eux est âgé de 17 ans, le plus âgé ayant la quarantaine. La seconde victime décédée à l’hôpital n’a pas encore été identifiée publiquement.
La violence de l’impact et le nombre de victimes ont profondément choqué la ville de Caen et au-delà. Le préfet du Calvados s’est rendu sur place dès mercredi soir pour constater l’ampleur du drame et apporter son soutien aux équipes de secours mobilisées en nombre. Les personnes blessées ont été transportées vers les hôpitaux de la région, où certaines luttent toujours pour leur vie.
Cet événement tragique rappelle la vulnérabilité des espaces publics face à des actes de violence aveugle, même lorsqu’ils ne sont pas motivés par une idéologie. L’enquête, désormais entre les mains de la police judiciaire, devra faire toute la lumière sur ce qui a conduit un homme à transformer sa voiture en arme mortelle, semant la mort et la désolation au cœur de la ville.


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