Expulsion massive d’un camp de Roms à Poissy : près de 500 personnes évacuées à l’aube

Yvelines: Nearly 500 Evicted from Illegal Camp in Poissy

Ce jeudi 3 septembre 2026, dès 8 heures, les forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation d’un important campement rom installé illégalement depuis le 20 juillet sur le plateau des Alluets, à Poissy (Yvelines). L’opération, menée conjointement par les services de la préfecture, la police nationale et la police municipale, a duré environ deux heures et s’est déroulée sans incident majeur.

Une opération préparée dans la plus grande discrétion

Le campement, qui occupait un terrain privé appartenant à un promoteur immobilier près de la ferme du Poult, abritait près de 500 personnes, selon la maire de Poissy, Sandrine Berno Dos Santos. L’élue a souligné que cette occupation illégale suscitait de vives inquiétudes parmi les agriculteurs des environs, qui subissaient les nuisances depuis plusieurs semaines.

L’expulsion s’est déroulée « sans tension et sans résistance de la part des Roms quelques minutes après notre arrivée », a indiqué la maire. Cette issue pacifique résulte d’une préparation minutieuse : « Depuis plusieurs semaines, la Ville de Poissy travaillait de manière discrète et en lien étroit avec la préfecture pour permettre que cette opération puisse aboutir dans les meilleures conditions. Cette discrétion était indispensable : jusqu’au dernier moment, il fallait éviter toute fuite d’informations qui aurait pu compromettre l’intervention. »

Des risques de sécurité évoqués pour justifier l’intervention

Sandrine Berno Dos Santos a justifié la fermeté de cette opération par des impératifs de sécurité. « Nous sommes satisfaits que cette occupation ait enfin pris fin, pour les agriculteurs, les propriétaires, mais aussi les occupants, car le risque d’incendie et de noyade dû à la présence d’un étang sur le terrain était particulièrement élevé », a-t-elle expliqué.

Les autorités ont immédiatement pris des mesures pour empêcher toute réinstallation sur le site. Les cabanes de fortune ont été détruites et l’accès au terrain a été sécurisé. « Grâce aux services de la Ville, tous les accès sont désormais bloqués par des pierres », a précisé l’élue, qui entend poursuivre les efforts avec les agriculteurs et les propriétaires : « Nous avons désormais un travail à faire pour faire des tranchées autour des champs et éviter qu’ils contournent les chemins comme ils ont pu le faire. »

La question sociale reste entière

Si l’expulsion a été menée à bien, la question de l’avenir de ces populations reste préoccupante. Personne n’a été en mesure d’indiquer la direction prise par les occupants après leur départ. « C’est d’ailleurs bien le problème avec cette population, il n’y a aucun suivi, ni de traitement de fond. Le sujet social n’est absolument pas réglé », a reconnu l’entourage de la maire.

Des dégâts considérables et une facture contestée

Le site laisse désormais apparaître l’ampleur des dégradations : des tonnes de déchets, de plastiques, de bois et des carcasses de véhicules s’entassent sur le terrain, dégageant une odeur nauséabonde. Le nettoyage sera à la charge du propriétaire, qui doit déjà faire face à un chantier à l’arrêt depuis plusieurs mois en raison d’un litige avec une entreprise ayant participé au début des travaux.

Un projet d’immense haras, comprenant des exploitations maraîchères et des hébergements de luxe, est pourtant prévu sur ce site. La maire de Poissy a tenu à afficher son soutien au propriétaire et à dénoncer l’absence de mécanismes de responsabilisation : « Il n’est pas acceptable que les collectivités, les propriétaires et, au bout de la chaîne, les contribuables aient à supporter seuls les conséquences financières de ces occupations. Lorsque des personnes occupent illégalement un terrain, il ne peut pas y avoir le sentiment d’une impunité totale. »

Un appel aux législateurs

Sandrine Berno Dos Santos a conclu en lançant un appel aux pouvoirs publics : « Je demande donc aux législateurs de réfléchir sérieusement à la responsabilisation des occupants et à la manière dont les coûts liés à ces occupations peuvent être pris en compte. »

Cette expulsion, bien que menée sans heurts, met en lumière un problème récurrent dans la région : la gestion des campements illégaux et l’absence de solutions durables pour leurs occupants. Elle soulève également la question du financement des opérations de nettoyage et de remise en état des sites, qui pèse lourdement sur les propriétaires et les collectivités locales. L’opération de Poissy constitue un exemple de fermeté administrative, mais elle ne résout pas le fond du problème social que représente l’accueil de ces populations.

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