Zelensky met en garde : des élections en pleine guerre seraient un « tsunami » qui fracturerait l’Ukraine

Zelensky: Wartime Elections Would Fracture Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement rejeté dimanche l’idée d’organiser des élections pendant l’invasion russe, les qualifiant de « risque énorme » susceptibles de provoquer un « tsunami » politique et de « fracturer l’Ukraine ». Cette déclaration intervient après l’appel controversé de son ancien ministre de la Défense à « restaurer un processus démocratique » malgré le conflit.

Lors d’une rencontre avec des journalistes, dont l’AFP, Zelensky a justifié sa position par les réalités brutales de la guerre. « Je pense que dans une guerre comme celle-ci, des élections en tant que telles sont un risque énorme », a-t-il déclaré. « Si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons aller dans la direction d’élections dans ces temps de guerre. »

Un pavé dans la mare de l’ex-ministre Fedorov

Cette sortie présidentielle répond à la vidéo publiée mardi par Mikhaïlo Fedorov, le jeune et populaire ministre de la Défense limogé mi-juillet. Dans un clip aux allures de campagne électorale, Fedorov dénonce la corruption et appelle, sans précision, à « restaurer un processus démocratique » via des élections, malgré l’invasion russe en cours.

Le limogeage de Fedorov avait déjà plongé le gouvernement ukrainien dans une crise politique et stratégique, et ses propos ont créé un malaise jusque dans les rangs de ses propres soutiens. En réaffirmant l’impossibilité de tout scrutin, Zelensky cherche à clore le débat et à recentrer l’attention sur l’effort de guerre.

La loi martiale, un obstacle juridique et pratique

Le mandat présidentiel de Volodymyr Zelensky a techniquement expiré en mai 2024, mais la Constitution ukrainienne interdit la tenue d’élections sous la loi martiale, en vigueur depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022. Au-delà de l’aspect légal, le président a souligné les obstacles logistiques insurmontables :

  • Faire voter les centaines de milliers de militaires mobilisés sur le front.
  • Organiser le scrutin pour des millions de réfugiés dispersés à l’étranger.
  • Garantir la participation des Ukrainiens vivant dans les territoires occupés par Moscou.

« C’est impossible dans les conditions que nous avons actuellement, quand [le président russe Vladimir] Poutine n’est pas disposé à envisager d’options pour un cessez-le-feu », a martelé Zelensky.

Un débat piégé en pleine guerre

La question des élections en Ukraine est devenue un sujet sensible, alimenté par certains alliés occidentaux qui s’interrogent sur la légitimité démocratique de Kiev après plus de quatre ans de conflit. Mais pour Zelensky, ouvrir la boîte de Pandore électorale reviendrait à offrir à la Russie une victoire politique sans précédent.

Les critiques de Fedorov, bien qu’isolées, touchent à une corde sensible : la fatigue de la guerre, la corruption endémique et l’usure du pouvoir. Toutefois, la majorité des responsables ukrainiens, y compris l’opposition parlementaire, reconnaît qu’un scrutin national est matériellement irréalisable tant que les bombes russes continuent de tomber.

Un choix entre démocratie et survie

Pour Volodymyr Zelensky, la priorité absolue reste la survie de l’État ukrainien face à l’agression russe. Organiser des élections dans ces conditions, affirme-t-il, ne renforcerait pas la démocratie mais la mettrait en péril. Le « tsunami » évoqué par le président illustre sa conviction que le chaos électoral profiterait avant tout au Kremlin, qui cherche à déstabiliser l’Ukraine de l’intérieur.

En refusant tout compromis sur ce point, Zelensky envoie un message clair : la démocratie ukrainienne ne se reconstruira qu’après la fin des hostilités, pas pendant. Reste à savoir si cette position tiendra face aux pressions internes et internationales qui ne manqueront pas de s’intensifier à l’approche de ce qui aurait dû être la prochaine échéance présidentielle.

En résumé, Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir aux appels à des élections en temps de guerre, les jugeant dangereuses pour l’unité nationale. Alors que la loi martiale interdit déjà tout scrutin, le président ukrainien insiste sur les obstacles pratiques et stratégiques, faisant de la survie du pays la condition préalable à tout retour à la normale démocratique.

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