Guerre commerciale : Trump suspend les droits de douane contre le Canada, un accord en vue

Trump Suspends Canada Tariffs Amid Trade Deal Talks

Le ton est monté, puis la tension est retombée. Alors que de nouveaux droits de douane punitifs visant le Canada devaient entrer en vigueur ce mercredi à minuit, le président américain Donald Trump a annoncé mardi leur suspension pour une durée de trois jours. Selon lui, Washington et Ottawa sont parvenus à un accord commercial global après plusieurs semaines de négociations intenses.

« J’ai suspendu les droits de douane de 50 % contre le Canada (…) pour une durée de trois jours, car le Canada et les États-Unis, sous réserve de la finalisation des documents, ont conclu un ACCORD ! », s’est félicité Donald Trump sur son réseau Truth Social. Une annonce qui contraste avec la rhétorique agressive employée ces derniers mois par l’administration américaine à l’égard de son voisin du nord.

Un accord « sous réserve de finalisation »

Les services du représentant américain au Commerce (USTR), Jamieson Greer, ont précisé sur X que cet accord prévoyait « un accès complet au marché canadien pour tous les produits américains ». Une formulation large qui laisse entrevoir des concessions majeures de la part d’Ottawa, sans que les détails précis de l’entente n’aient été rendus publics dans l’immédiat.

Du côté canadien, le ton est plus mesuré. Dans une déclaration transmise à la presse, le Premier ministre Mark Carney a reconnu que des « progrès substantiels » avaient été réalisés lors des négociations. Toutefois, il a tenu à nuancer : « Il reste encore du travail important à accomplir » pour parvenir à un accord en bonne et due forme. Une prudence qui tranche avec l’enthousiasme affiché par le locataire de la Maison Blanche.

Des surtaxes qui visaient 20 milliards de dollars d’importations

Ces droits de douane, annoncés mi-juillet, devaient porter sur l’équivalent de 20 milliards de dollars d’importations canadiennes. Une liste hétéroclite de produits était ciblée : du ciment aux crosses de hockey sur glace, en passant par la bière. Pour justifier ces mesures, Washington avait invoqué les représailles prises par Ottawa en réponse à une précédente série de surtaxes imposées par les États-Unis.

La Maison Blanche dénonçait également le boycott des alcools américains mis en place par la plupart des provinces canadiennes. Ce mouvement de protestation était né des déclarations répétées de Donald Trump, qui a plusieurs fois évoqué son souhait de faire du Canada le « 51e État » américain. Washington y voyait un « traitement discriminatoire » des produits américains.

Une négociation de la dernière chance

Afin d’éviter ce nouveau tour de vis tarifaire, une équipe de négociateurs canadiens était encore présente ce mardi à Washington. Mark Carney et Donald Trump se sont par ailleurs entretenus par téléphone lundi et mardi pour tenter de débloquer la situation. Ces échanges directs semblent avoir porté leurs fruits, au moins temporairement.

Il ne s’agissait pas de la première salve de surtaxes contre le Canada. Mais leur nouveauté résidait dans le fait que certains produits ciblés entraient jusqu’ici aux États-Unis dans le cadre de l’accord de libre-échange conclu entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM). Lors de l’annonce de ces droits de douane fin juillet, Mark Carney avait dénoncé une « violation directe » des termes de cet accord.

L’avenir de l’ACEUM en suspens

Donald Trump ne cesse de critiquer ce traité, qu’il a pourtant lui-même négocié lors de son premier mandat pour remplacer l’ancien Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). L’ACEUM prévoyait une clause de revoyure cette année : les trois pays devaient donner leur accord pour un renouvellement de 16 ans. Face au refus de Washington, l’accord est désormais prolongé d’année en année pour une durée de dix ans, avant de devenir caduc.

Canada, États-Unis et Mexique sont entrés dans une phase de négociations ardues, alors que les relations diplomatiques entre les trois pays se sont considérablement tendues depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. La suspension temporaire des droits de douane annoncée mardi pourrait marquer un tournant, ou n’être qu’un répit de courte durée.

Un répit de trois jours sous haute tension

La suspension de trois jours laisse peu de temps aux équipes juridiques et commerciales des deux pays pour finaliser les documents. Si l’accord venait à capoter, les droits de douane de 50 % pourraient entrer en vigueur dès la fin de cette fenêtre. Une épée de Damoclès qui maintient la pression sur les négociateurs canadiens.

Les marchés financiers, eux, ont réagi avec un optimisme prudent. Les investisseurs espèrent qu’un accord durable permettra d’éviter une escalade tarifaire qui pèserait sur les deux économies. Le Canada exporte chaque année pour 383 milliards de dollars de marchandises vers les États-Unis, son principal partenaire commercial.

En attendant, la relation entre les deux dirigeants reste marquée par une défiance profonde. Mark Carney n’a pas hésité, ces dernières semaines, à tacler publiquement Donald Trump, notamment après une panne de prompteur lors d’un discours du président américain. Une ironie qui n’a fait qu’alimenter les tensions entre les deux hommes.

Cette trêve tarifaire de trois jours constitue une fenêtre étroite pour sceller un accord qui apaiserait durablement les relations commerciales entre les deux voisins. Mais au vu de l’instabilité des négociations et des revirements fréquents de l’administration Trump, rien n’est encore joué. La balle est désormais dans le camp des négociateurs, qui devront transformer cet accord de principe en un texte contraignant avant la fin de la semaine.

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