# Nouvelles accusations d’agressions sexuelles sur mineurs contre l’ex-maire d’Alençon Joaquim Pueyo

Former Mayor Accused of New Sexual Assault Claims

# Nouvelles accusations d’agressions sexuelles sur mineurs contre l’ex-maire d’Alençon Joaquim Pueyo

**L’ancien maire d’Alençon et ex-député socialiste Joaquim Pueyo fait face à deux nouvelles accusations d’agressions sexuelles sur mineurs, portées par des hommes affirmant avoir été victimes alors qu’ils étaient adolescents dans les années 1980 et 1990.**

Ces révélations, publiées dimanche 6 septembre par la cellule investigation de Radio France, interviennent cinq mois après une première accusation de viol sur mineur visant l’élu, classée sans suite pour cause de prescription. Les deux nouveaux témoignages, recueillis auprès d’hommes aujourd’hui âgés de 59 et 47 ans, décrivent des faits qui se seraient produits en 1981 et en 1994, lorsque Joaquim Pueyo travaillait comme directeur de prison pour l’administration pénitentiaire.

## Un premier témoignage remontant à 1981

Patrick B., aujourd’hui âgé de 59 ans, affirme avoir été agressé au printemps 1981, alors qu’il n’avait que 14 ans. Orphelin, il raconte avoir été pris en stop par Joaquim Pueyo alors qu’il cherchait à quitter son foyer situé au sud d’Alençon pour se rendre dans la ville voisine d’Arçonnay.

Selon son récit, l’homme politique l’a conduit en ville avant de lui proposer de déjeuner ensemble et d’aller au cinéma. En fin de journée, prétextant qu’il était trop tard pour rentrer, Joaquim Pueyo l’aurait invité à dormir dans sa maison. C’est là, en pleine nuit, que Patrick B. affirme avoir été agressé.

« Il m’a imposé des caresses. Je l’ai repoussé plusieurs fois mais il est revenu vers moi durant mon sommeil. Il me répétait : « Chut ! Chut ! Chut ! ». J’entends encore ce « Chut ! » aujourd’hui », témoigne l’homme, qui explique que Joaquim Pueyo lui aurait demandé à plusieurs reprises de le caresser avant de le contraindre à une masturbation.

## Un second témoignage datant de 1994

La cellule investigation de Radio France a également recueilli le témoignage de Tony C., aujourd’hui âgé de 47 ans. Les faits qu’il dénonce se seraient produits en 1994, à une époque où Joaquim Pueyo était directeur de la maison d’arrêt de Nanterre.

Tony C. affirme avoir été réveillé dans son sommeil par des caresses sur les parties intimes, dans l’appartement de fonction de Joaquim Pueyo situé au sein de l’établissement pénitentiaire. L’adolescent, alors âgé de 15 ans, dormait sur place avec sa mère, amie de l’homme politique. Tous deux avaient été invités par ce dernier pour quelques jours afin de visiter Paris.

« Je n’ai pas compris. Quand on est jeune, forcément, on ne comprend pas. Je me suis retourné sur le ventre, dans un mouvement d’autodéfense, pour que ça s’arrête. C’était Joaquim Pueyo qui était derrière moi », raconte Tony C.

## Une première plainte classée sans suite

Ces nouvelles accusations s’ajoutent à celle formulée il y a cinq mois par le journaliste Frédéric Pommier, qui affirme avoir été victime de viol de la part de Joaquim Pueyo alors qu’il était âgé de 7 ans. Cette plainte a toutefois été classée sans suite en raison de la prescription des faits.

Interrogé par le média public, l’avocat de l’homme politique a indiqué n’accorder « aucune valeur » à ces témoignages, assurant que son client se tient à la disposition de la justice si elle souhaite l’entendre.

## Une carrière politique marquée par ces accusations

Joaquim Pueyo, figure politique socialiste de l’Orne, a été maire d’Alençon et député de la circonscription. Ces accusations successives, bien que pour l’instant non confirmées par la justice, jettent une ombre sur un parcours politique de plusieurs décennies.

Les deux nouveaux témoignages rapportés par Radio France pourraient relancer l’affaire, même si la question de la prescription des faits, datant de plus de trente ans pour les plus anciens, risque de se poser à nouveau. Les deux hommes ont exprimé leur intention de porter plainte, selon les informations du média public.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de libération de la parole autour des violences sexuelles commises sur mineurs, comme en témoignent les récentes affaires ayant secoué le monde politique et judiciaire français. La multiplication des témoignages, même anciens, contribue à une prise de conscience collective sur l’ampleur de ces violences et la nécessité d’accompagner les victimes, quel que soit le délai écoulé.

L’ancien élu, qui n’a pas encore réagi publiquement à ces nouvelles accusations, devra répondre de ces faits si la justice décide de donner suite aux plaintes annoncées. En attendant, ces révélations relancent le débat sur la prescription des crimes sexuels commis sur mineurs, un sujet qui a déjà fait l’objet de plusieurs réformes législatives ces dernières années.

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