À l’approche des élections de mi-mandat, Donald Trump a obtenu un répit bienvenu, mardi 25 août, avec la victoire de deux de ses protégés aux primaires républicaines de Caroline du Sud et d’Oklahoma. Ces succès interrompent une série de défaites cuisantes pour des candidats ouvertement soutenus par le président américain, dont la mainmise sur le Parti républicain semblait de plus en plus contestée.
Darline Graham s’impose en Caroline du Sud malgré les critiques
En Caroline du Sud, Darline Graham, sénatrice sortante ayant remplacé son frère Lindsey après le décès en juillet de cet élu proche de Donald Trump, a remporté l’investiture républicaine pour le renouvellement de son siège. Elle affrontait le député ultraconservateur Ralph Norman, lui aussi trumpiste, mais dépourvu du soutien présidentiel. Selon CNN, CBS et NBC, Graham a su capitaliser sur l’appui direct du président, venu en personne la soutenir lors d’un déplacement dans l’État la semaine dernière.
À l’issue des résultats, Donald Trump n’a pas ménagé ses éloges, saluant sur son réseau Truth Social « une personne spectaculaire et une véritable patriote américaine ». Avec elle, le président espère pouvoir compter sur une alliée fidèle au Sénat, où certains élus de son camp lui ont récemment donné du fil à retordre et pour lequel plusieurs candidats ont déjà été investis sans son soutien.
La candidature de Darline Graham, qui a longtemps travaillé sur les questions du handicap en Caroline du Sud, a toutefois provoqué des divisions au sein du Parti républicain dans cet État du sud-est. Nombreux sont ceux qui s’indignent qu’elle ait hérité du siège de son frère sans disposer d’expérience politique significative. Cette lacune a été mise en exergue la semaine dernière lors d’un débat télévisé où la candidate a perdu ses moyens face à une question sur Taïwan. « La sécurité nationale, ce n’est pas mon truc », a-t-elle tenté de justifier, une déclaration qui a fait le tour des réseaux sociaux et alimenté les critiques.
Mike Mazzei l’emporte sur le fil en Oklahoma
Le scrutin dans l’Oklahoma mettait, lui aussi, à l’épreuve l’influence de Donald Trump sur les primaires. Mike Mazzei, ancien élu local et riche financier, a finalement devancé de moins d’un point (50,3 % contre 49,7 %) Gentner Drummond, actuel procureur général de cet État du sud que le président avait qualifié de « faux républicain ».
Les deux candidats s’opposaient notamment sur un projet gigantesque de raffinerie d’aluminium, porté par les Émirats arabes unis et soutenu par Donald Trump, mais qui fait face à une forte opposition locale, selon le journal Oklahoma Voice. La victoire de Mazzei, bien que serrée, confirme que l’étiquette trumpiste reste un atout électoral dans les bastions conservateurs, même lorsque les enjeux locaux divisent.
Un bilan en demi-teinte pour le président
Les victoires de Darline Graham et Mike Mazzei offrent une éclaircie au président républicain, qui a vu récemment dix de ses candidats balayés, dont six durant le seul mois d’août, selon un décompte de CNN. Parmi les échecs les plus cuisants figure celui enregistré au début du mois dans le Michigan par Amir Hassan, face à un candidat qui avait pourtant mis fin auparavant à sa campagne, Tom Smith.
Ces dix défaites, c’est autant qu’en 2018, 2020 et 2024 mis ensemble, a souligné CNN. En 2022, douze candidats soutenus par celui qui était alors ex-président avaient perdu aux primaires. Face à ces résultats, Donald Trump a défendu dimanche son bilan, assurant qu’un soutien de sa part était « toujours aussi puissant ». Ceux qui ont perdu, « il était quasiment impossible pour eux de gagner, mais je me suis senti dans l’obligation de les soutenir », a-t-il écrit sur Truth Social.
Même s’ils n’ont pas toujours été adoubés, les vainqueurs sont toutefois tous trumpistes, illustrant le poids encore imposant du milliardaire au sein des républicains. La dynamique reste néanmoins fragile : avec une cote d’opinion en berne et des sondages prédisant une possible défaite républicaine aux élections de début novembre, chaque primaire devient un test de loyauté et d’influence pour le président.
Un sursis avant les midterms
Ces deux victoires en Caroline du Sud et en Oklahoma ne suffiront probablement pas à dissiper les inquiétudes des stratèges républicains. La multiplication des défaites de candidats adoubés par Trump, combinée à la polarisation croissante de l’électorat, laisse planer le doute sur la capacité du parti à conserver le contrôle du Congrès. Pour l’heure, le président savoure un répit bienvenu, mais les prochaines primaires, notamment dans les États clés, pourraient rapidement raviver les tensions internes.
En définitive, la soirée de mardi démontre que si le trumpisme reste une force motrice au sein de la base républicaine, l’influence personnelle de Donald Trump sur les résultats électoraux demeure plus incertaine que jamais. Les midterms de novembre diront si ces victoires symboliques étaient un simple sursaut ou le signe d’un retour en grâce durable.


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