Donald Trump vient d’obtenir une victoire procédurale dans sa croisade contre le vote par correspondance. Lundi 24 août, la Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, a autorisé l’entrée en vigueur immédiate d’un décret présidentiel visant à restreindre cette pratique, et ce jusqu’à nouvel ordre. Une décision qui suscite une vive inquiétude dans le camp démocrate, à un peu plus de deux mois des élections de mi-mandat de 2026.
Le président américain ne cache pas son hostilité envers le vote par correspondance, pourtant largement utilisé dans de nombreux États. Il martèle régulièrement que des étrangers participent ainsi aux scrutins, une affirmation contredite par les statistiques officielles qui montrent que ce phénomène est extrêmement rare. Donald Trump rend également cette pratique responsable de sa défaite face à Joe Biden en 2020, une défaite qu’il n’a d’ailleurs jamais reconnue.
Un décret présidentiel qui bouleverse l’organisation des élections
Signé le 31 mars, le décret contesté ordonne aux services de l’immigration et de la Sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter. Il impose également au service des Postes de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu’aux personnes figurant sur cette liste. Une mesure qui bouscule l’organisation traditionnelle des élections, normalement dévolue aux États.
Cette initiative a immédiatement fait bondir les démocrates, qui accusent Donald Trump de chercher à s’approprier le contrôle des élections. Plusieurs États dirigés par des démocrates étaient même parvenus à obtenir d’un tribunal fédéral de première instance la suspension de ce décret. Mais la Cour suprême en a décidé autrement.
Une victoire en trompe-l’œil pour l’administration Trump
Sans se prononcer sur le fond du dossier, la plus haute juridiction américaine a levé cette suspension, contre l’avis des trois juges progressistes sur les neuf que compte la Cour. Les juges conservateurs ont estimé que la suspension causait un préjudice au gouvernement fédéral, contrairement aux États. La Cour a toutefois tenu à préciser que sa décision « ne signifie pas que quelque mesure que le gouvernement prendra pour appliquer ce décret sera nécessairement légale. De ce point de vue, l’avenir le dira ».
Les trois juges progressistes ont vivement critiqué cette position. « Cette décision viole des précédents bien établis et injecte inutilement du chaos et de l’incertitude dans les élections de mi-mandat à venir », a regretté la juge Ketanji Brown Jackson. Selon eux, les États sont directement lésés par ces modifications significatives des règles électorales.
Les démocrates dénoncent une tentative de « trucage » des élections
Le camp démocrate est allé encore plus loin dans la critique. Le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a accusé l’administration Trump de vouloir « truquer » les élections de mi-mandat, qui s’annoncent particulièrement tendues. « Donald Trump souhaite compliquer le vote pour les Américains afin qu’ils ne puissent pas le tenir pour responsable de l’envolée des coûts, de la guerre illégale et de la corruption endémique », a-t-il dénoncé.
Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a annoncé que son État intenterait une nouvelle action en justice. « Nouveau jour, nouvelle tentative de Trump de truquer les élections et de détruire notre démocratie », a-t-il écrit sur X. Le sénateur démocrate Alex Padilla a renchéri : « Trump tente désespérément de truquer les règles du scrutin de 2026. Ce sont les États – et non Trump – qui organisent nos élections, et l’État de droit DOIT être respecté. Ce combat n’est pas terminé ».
La Maison Blanche savoure une « victoire majeure »
De son côté, l’administration Trump a évidemment célébré cette décision. « C’est une victoire majeure pour la sécurité des élections américaines. Il s’agit de mesures de bon sens qui protègent la sécurité des bulletins de vote par correspondance et garantissent que seuls les Américains élisent les dirigeants américains », a déclaré Lauren Bis, porte-parole de la Maison Blanche.
Cette mesure est pourtant encore loin d’entrer définitivement en vigueur, la Cour suprême ne s’étant prononcée que sur la forme. Les recours sur le fond vont se poursuivre devant les tribunaux. Et tant mieux pour… Donald Trump lui-même. Le président américain a en effet voté par correspondance pour la primaire républicaine de Floride il y a quelques jours. Une preuve, s’il en fallait une, que ce qui dérange peut-être le plus le président américain est moins le procédé que le fait que certaines personnes ne votent pas pour lui.
En résumé, cette décision de la Cour suprême offre à Donald Trump une victoire procédurale importante dans sa bataille pour durcir les règles du vote par correspondance, mais le combat juridique est loin d’être terminé. Les démocrates, qui y voient une menace directe contre la démocratie, promettent de multiplier les recours avant les élections de mi-mandat de 2026.


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