Rentrée 2026 : les 10 changements majeurs qui attendent les élèves français

Back to School 2026: 10 Major Changes for Students

Nouveau cartable, nouvel agenda, mais pas uniquement. Plusieurs changements attendent les près de 12 millions d’écoliers, collégiens et lycéens qui reprendront l’école ce mardi 1er septembre. En plus des programmes qui évoluent dans de nombreuses matières – notamment en éducation physique et sportive, histoire-géographie ou français –, des nouveautés tantôt symboliques, tantôt concrètes marqueront l’année scolaire à venir. Tour d’horizon des principales mesures qui entrent en vigueur.

L’interdiction du portable s’étend aux lycées

La loi a été adoptée dans l’été et promulguée fin août par Emmanuel Macron pour une entrée en vigueur dès la rentrée. À compter de ce mois de septembre, l’utilisation du téléphone portable, déjà interdite dans les écoles et les collèges, est étendue aux lycées. En théorie, du moins, car le délai est extrêmement court, avec une circulaire envoyée début juillet seulement. De plus, la mise en place de la mesure incombe à chaque établissement, ce qui fait dire aux syndicats enseignants que l’interdiction est « illusoire ».

« Le gouvernement fait de la communication politique, du bricolage qui fait fi des réalités du terrain », juge Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat dans le secondaire. Reste à voir comment les proviseurs s’empareront de cette nouvelle règle dans les semaines à venir.

Un questionnaire inédit sur les violences sexuelles

« De la grande section de maternelle à la terminale, dix millions d’élèves seront interrogés. » Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a confirmé, à quelques jours de la rentrée, la distribution en novembre prochain d’un questionnaire sur les violences sexuelles aux élèves, qui pourront choisir de témoigner anonymement ou non. Après l’affaire Bétharram, l’affaire Lyhanna ou encore le scandale du périscolaire, l’exécutif veut « libérer la parole », comme l’a également dit le ministre.

Les associations de lutte contre les violences sexuelles, si elles saluent le principe, restent sceptiques sur les modalités. La manière dont les réponses seront recueillies, traitées et suivies d’effets concrets demeure une zone d’ombre pour de nombreux acteurs de terrain.

Des examens passés le matin pour éviter la canicule

Après un bac et un brevet 2026 qui se sont déroulés au cours de la pire vague de canicule qu’ait connue la France, Édouard Geffray a promis que les épreuves écrites comme orales se tiendront toutes le matin à compter de 2027. Ce sera bien le cas pour « 99,9 % des épreuves », a confirmé la semaine dernière le ministre. Les exceptions seront, selon lui, les épreuves du baccalauréat professionnel qui durent toute une journée. Une mesure de bon sens destinée à protéger les candidats des fortes chaleurs estivales.

Un barème commun pour le bac et le brevet

Annonce phare du gouvernement pour le bac et le brevet en 2026, l’obligation d’une bonne orthographe pour avoir la moyenne n’avait pas vraiment pu être appliquée faute de temps et de consignes claires. Pour la prochaine session, un barème de correction, qui comprendra notamment les attendus sur l’orthographe, sera « rendu public » d’ici le 10 septembre, pour que « chacun se prépare sur une base commune » à ces examens, a annoncé le ministre. L’objectif est d’harmoniser les pratiques de notation et de redonner une place centrale à la maîtrise de la langue française.

Un « concours général des collèges » pour stimuler l’ambition

Pour « stimuler l’ambition de tous les élèves », le gouvernement relance, pour l’année scolaire 2026-2027, un « concours général des collèges » comparable à celui qui existe au lycée. Les élèves de troisième candidats pourront s’inscrire à l’une des cinq épreuves nationales : mathématiques et sciences, français et culture générale, histoire-géographie, arts plastiques ou informatique et codage. Elles auront lieu en janvier 2027 et « un événement national rassemblera les meilleurs candidats pour une remise des prix », précise le ministère de l’Éducation. Les établissements devront inscrire autant de filles que de garçons pour chaque épreuve, une exigence de parité inédite.

Une commémoration annuelle des « morts pour la France »

Dans une circulaire publiée en juillet, le ministère de l’Éducation a instauré une « cérémonie commémorative » autour du 11 novembre. Elle se tiendra tous les ans dans les quatre jours précédant ou suivant l’armistice de la Première Guerre mondiale pour rendre hommage à l’ensemble des « morts pour la France », quel que soit le conflit. « Elle concerne l’ensemble des élèves à partir du CM1 », prévoit la circulaire. Une manière de renforcer le lien entre l’école et la mémoire nationale.

L’exclusion d’un élève à cause de ses parents

Tout élève dont le parent « compromet gravement » le « fonctionnement normal » d’une école, d’un collège ou d’un lycée pourra être contraint de changer d’établissement, selon un décret publié en juillet. Cette mesure vise à protéger les enseignants exerçant dans un climat scolaire tendu. « Je refuse qu’un professeur doive ouvrir lundi matin la grille à un parent qui l’aurait menacé le vendredi soir », a justifié Édouard Geffray lors de sa conférence de presse de rentrée. Une réponse ferme aux incivilités et menaces qui pèsent sur la communauté éducative.

La tenue unique perd encore du terrain

Lancée en grande pompe à la rentrée 2024 dans une centaine d’établissements, l’expérimentation d’une « tenue unique » dans les écoles de villes volontaires s’étiole. Initialement, l’État cofinançait l’uniforme, mais des incertitudes persistent sur le financement cette année. Sollicité à plusieurs reprises par l’AFP, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas donné de précisions sur l’enveloppe prévue pour cette troisième rentrée.

Si bien qu’en plus de celles qui avaient jeté l’éponge en 2025, de nouvelles communes renoncent à l’uniforme pour cette rentrée. L’expérimentation se poursuit néanmoins au Touquet (Pas-de-Calais), à La Grande-Motte (Hérault), à Saint-Quentin (Aisne) ou à Bonifacio (Corse-du-Sud). À Béziers (Hérault), le port de la tenue devient facultatif.

Le stage en entreprise réduit avant le bac pro

Le parcours dit « en Y » pour les élèves de terminale de la voie professionnelle, qui doivent choisir depuis la rentrée 2024 entre un stage en entreprise rémunéré ou des heures de cours, n’interviendra plus en fin d’année scolaire mais avant mars. Surtout, il sera réduit à deux semaines, contre quatre en 2025-2026 et six l’année précédente. Un ajustement qui vise à alléger la pression sur les élèves et à recentrer l’année sur la préparation de l’examen.

Un parcours bilingue pour les langues régionales

Les lycéens qui entrent en première cette année et qui suivront une spécialité dans une langue régionale (basque, corse, breton, etc.) pourront passer, lors du bac en 2028, l’épreuve correspondante dans cette langue. L’indication « cursus bilingue » pourra figurer sur le diplôme. Une avancée notable pour la reconnaissance des langues régionales dans le système éducatif.

La fin des groupes de besoin au collège

Les groupes de besoin en français et en mathématiques en 6e et 5e au collège, créés en 2024, deviennent facultatifs. Mesure phare du « choc des savoirs » porté par l’ancien ministre de l’Éducation Gabriel Attal, ces groupes imposaient que ces cours soient organisés en fonction du niveau et des besoins identifiés des élèves. Leur suppression marque un net recul de cette réforme controversée, critiquée pour son manque de souplesse et ses effets sur la mixité scolaire.

De l’interdiction du portable au lycée à la fin des groupes de besoin, en passant par un questionnaire inédit sur les violences sexuelles, cette rentrée 2026 s’annonce riche en évolutions pour les élèves et les enseignants. Reste à savoir si ces mesures tiendront leurs promesses sur le terrain, où les réalités locales et les moyens disponibles feront toute la différence.

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