Projet de parc Dragon Ball en Île-de-France : la maire de Courdimanche sort du silence

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Le projet de parc d’attractions dédié à l’univers Dragon Ball, potentiellement financé par l’Arabie saoudite, continue de faire des vagues dans le Val-d’Oise. Après des semaines de spéculations, Sophie Matharan, la maire (DVG) de Courdimanche, a finalement pris la parole ce vendredi 28 août dans les colonnes du Parisien. L’élue, qui était restée discrète jusqu’à présent, a exprimé sa volonté de « préserver » le cadre de vie de ses administrés face à ce qu’elle qualifie elle-même de « bouleversement ».

Le site pressenti pour accueillir ce mégaprojet n’est autre que l’ancien parc Mirapolis, fermé il y a 35 ans et situé sur la commune de Courdimanche. Ce lieu emblématique, qui avait marqué toute une génération avant sa fermeture en 1991, pourrait ainsi renaître sous une forme totalement inédite, portée par des capitaux saoudiens et un investissement estimé à 6 milliards d’euros.

Un projet qui divise les habitants

Dans son entretien, Sophie Matharan reconnaît que le projet suscite des réactions contrastées au sein de la population locale. « C’est un bouleversement pour notre commune. Les habitants sont dans l’attente. Certains sont pour, d’autres contre, notamment ceux qui s’inquiètent des impacts sur la tranquillité », a-t-elle déclaré, évoquant notamment les nuisances sonores potentielles liées à l’exploitation d’un parc de cette envergure.

L’édile se défend toutefois de prendre position, affirmant être « ni pour, ni contre ». Une posture prudente qui ne l’empêche pas de fixer des conditions claires. « Je serai exigeante pour que ce projet profite aux habitants », a-t-elle martelé, avant d’ajouter : « Je préserverai tout ce que je peux préserver. »

Des exigences environnementales et sociales

Parmi les lignes rouges évoquées par la maire, les questions environnementales occupent une place centrale. « On va défendre notre identité, qui doit faire partie intégrante de la manière de concevoir ce parc », a-t-elle souligné. Sophie Matharan a également insisté sur la nécessité de compensations si des terres agricoles venaient à être sacrifiées pour le projet. « S’il y a des parcelles agricoles touchées, il faudra des compensations de territoires », a-t-elle affirmé.

La question du logement n’est pas en reste. Consciente qu’un tel équipement pourrait attirer de nouveaux habitants et travailleurs dans la région, la maire plaide pour un développement maîtrisé. « Si la ville augmente, elle augmente. Mais il faut que ce soit maîtrisé », a-t-elle déclaré, écartant l’idée d’une urbanisation galopante et non planifiée.

L’accessibilité, un enjeu majeur

L’un des points les plus sensibles pour les riverains concerne la circulation et l’accès à la commune. Sophie Matharan se montre particulièrement ferme sur ce sujet. « En rentrant dans notre ville, il ne faudra pas qu’on soit contraint de faire la queue comme si on allait à Disneyland. Nos habitants doivent avoir accès à leur commune sans être bloqués », a-t-elle exigé.

Cette préoccupation n’est pas anodine : un parc d’attractions de cette ampleur pourrait attirer des millions de visiteurs chaque année, avec des conséquences directes sur le trafic routier et les infrastructures locales. La maire entend bien faire de cette question un préalable non négociable dans les discussions avec les porteurs du projet.

Une opportunité économique « gigantesque »

Malgré ces réserves, Sophie Matharan ne cache pas son enthousiasme face aux retombées économiques potentielles. « C’est gigantesque », s’est-elle félicitée, évoquant la création d’emplois et le rayonnement du territoire. « Cela rayonnera sur l’agglomération, le département, la région et même à l’échelle européenne », a-t-elle ajouté, consciente de la portée d’un tel investissement.

L’élue confie également sa surprise face à l’ampleur du projet. « Il y a de longue date des visées sur l’ancien parc de Mirapolis, mais je ne m’attendais pas à un investissement de 6 milliards », a-t-elle reconnu. Une somme colossale qui placerait ce futur parc parmi les plus importants d’Europe, rivalisant potentiellement avec les géants du secteur comme Disneyland Paris.

Un projet encore entouré de mystères

Rappelons que l’existence de ce projet a été confirmée récemment par Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, qui a évoqué un parc « de l’ampleur de Disney ». Les contours exacts du projet restent toutefois flous, notamment en ce qui concerne la licence Dragon Ball et l’implication exacte des investisseurs saoudiens.

Le choix de l’univers Dragon Ball, créé par le mangaka japonais Akira Toriyama, témoigne d’une volonté de capitaliser sur une franchise mondialement connue, capable d’attirer un public familial et intergénérationnel. Reste à savoir si les négociations aboutiront et si les exigences de la maire de Courdimanche seront entendues.

En attendant, Sophie Matharan promet de jouer pleinement son rôle de garante des intérêts locaux. Entre opportunité économique exceptionnelle et protection du cadre de vie, la commune de Courdimanche se trouve à la croisée des chemins, face à un projet qui pourrait transformer durablement son visage.

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