La France respire à nouveau, mais la vague de chaleur commencée le 28 juillet dernier n’a toujours pas pris fin officiellement, après 23 jours. Elle devient ainsi la plus longue de l’histoire à égalité avec celle de juillet 1983. Si elles sont toutes deux sur le podium en termes de durée, elles n’ont pourtant que ça de comparable.
« On compare deux vagues de chaleur mais leur intensité n’est pas du tout la même », note Nicolas Le Friant, météorologue pour Weather Solutions. Il suffit de regarder un tableau comparatif des températures de ces deux années pour le comprendre. La température maximale observée à Paris en 1983 avait été de 33,4 °C, contre 40,6 °C cet été. La différence est également notable à Bordeaux avec 36,2 °C en 1983 contre 42,5 °C aujourd’hui. À Nantes, la maximale enregistrée avait été de 35,2 °C, alors qu’elle a été de 42,2 °C cet été. Et à Lille, 31,8 °C contre 38,5 °C.
Une définition stricte pour un phénomène historique
La définition d’une vague de chaleur répond à des critères bien précis. Elle débute lorsque l’Indicateur thermique national (ITN) atteint ou dépasse 25,3 °C pendant une journée et que la température moyenne nationale reste supérieure ou égale à 23,4 °C pendant au moins trois jours consécutifs, explique Météo-France. Elle prend fin lorsque l’ITN descend sous 23,4 °C pendant au moins trois jours d’affilée, ou « ponctuellement » sous 22,4 °C.
Une vague de chaleur en 1983 contre trois en 2026
Au-delà de l’intensité de ces vagues de chaleur, la différence se fait également sur la globalité de l’été, qui court, en météorologie, du 1er juin au 31 août. « En 1983, on a eu une vague de chaleur, cette année on en a eu trois auxquelles s’ajoutent quatre canicules », souligne Nicolas Le Friant. La France hexagonale a déjà connu 54 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin : quatorze jours en juin, seize jours en juillet, puis vingt-quatre jours depuis la fin de juillet.
En 1983, seulement 12 journées avaient vu le thermomètre afficher 30 °C ou plus à Paris, et aucune au-dessus de 35 °C. Cette année, la capitale a vécu 39 journées à 30 °C ou plus, 20 à 35 °C ou plus, 6 à 38 degrés ou plus et même 2 journées à 40 °C ou plus. À Bordeaux, la différence est également notable puisqu’on comptait 18 jours à 30 °C ou plus en 1983, 2 à 35 °C ou plus, et aucune à 38 °C. En 2026 à ce stade, 55 journées ont affiché 30 degrés ou plus, 30 à 35 degrés ou plus, 13 à 38 °C ou plus et même 7 à 40 °C ou plus.
« En prenant la température moyenne, qui est calculée à partir des moyennes des températures minimales et maximales des 30 villes de référence, on était à + 0,5 °C sur tout l’été en 1983. Pour cet été, en se basant sur les prévisions puisque le mois d’août n’est pas encore terminé, on est à + 3,5 °C », détaille le spécialiste. Et d’ajouter : « Trois degrés d’écart en moyenne sur trois mois c’est tout simplement énorme. » « L’été 1983 ne se place qu’à la 16e place des étés les plus chauds », précise d’ailleurs Nicolas Le Friant.
Un été 2026 qui accumule les records
La troisième vague de chaleur la plus longue avait été enregistrée en 2006, avec 21 journées. Sur le mois de juillet, on observait une anomalie de + 3,3 °C. Mais là encore cette chaleur a été ponctuelle. « On a terminé l’été avec une anomalie de – 2 °C puisqu’on avait eu un mois de juin normal et un mois d’août très frais », souligne le météorologue.
Et cette année 2026 bat tous les records : « On va avoir l’été le plus chaud devant même 2003 et 2022, on a eu le printemps le plus chaud, le mois de juillet le plus chaud, la canicule la plus précoce en mai, on est au-dessus de 1976 et 2022 en termes de sécheresse… »
Si cet été est incontestablement hors norme, il n’est toutefois pas inattendu. Les experts alertent depuis de nombreuses années sur le réchauffement climatique. Météo-France rappelle que les vagues de chaleur sont appelées à devenir plus fréquentes, plus longues, plus intenses et plus sévères. Le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par 5 dans une France à + 2,7 °C (selon la référence 1976-2005), et par 10 dans une France à + 4 °C.
En résumé, la vague de chaleur de 2026 n’est pas un simple écho du passé : elle incarne une nouvelle réalité climatique où la durée record de 1983 est dépassée par une intensité, une fréquence et une précocité inédites. L’été 2026 s’impose comme un signal d’alarme de plus face à l’urgence d’agir contre le réchauffement climatique.


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