Agressions racistes devant le stade de Lyon : trois victimes, une enquête ouverte et l’indignation générale

Racist Attacks Outside Lyon Stadium Spark Outrage

Au moins trois personnes ont été victimes d’agressions à caractère raciste samedi 29 août aux abords du Groupama Stadium de Décines-Charpieu, en marge du match de Ligue 1 opposant l’Olympique Lyonnais au Havre. Les faits, émaillés d’insultes telles que « sales bougnoules » ou « négros, on va vous tuer », ont déclenché une vive émotion et l’ouverture d’une enquête visant à identifier les auteurs, selon plusieurs médias dont RMC Sport, France 3 et 20 Minutes.

Une nuit d’horreur pour une élue et son compagnon

La première alerte est venue de Meriem Bouchedda, élue d’opposition à Rillieux-la-Pape, âgée de 21 ans. Vers minuit quinze, alors que le match était terminé depuis une heure, elle et son compagnon marchaient vers le tramway lorsqu’ils ont croisé six hommes portant des maillots de l’OL, des bières à la main. « Ils regardent vers nous, et l’un d’entre eux lance : “Sales bougnoules” », a-t-elle raconté à 20 Minutes et France 3.

Malgré les insultes, le couple a poursuivi sa route. Mais la situation a rapidement dégénéré. Un homme a attrapé le compagnon de l’élue par le cou et l’a poussé au sol, où il a été roué de coups par le groupe. Meriem Bouchedda a tenté de s’interposer, en vain. « Un autre s’en est pris à moi. Il m’a pris par les poignets, puis m’a écrasé le pied, tout en essayant de me maintenir », a-t-elle témoigné. « J’ai vu la mort. »

La jeune femme affirme que des supporters portant des t-shirts « identités Lyon » et des écharpes des Bad Gones – un groupe de supporters dont certains membres sont liés à l’extrême droite, comme l’a documenté Mediapart – ont assisté à la scène sans intervenir. Pire, l’un d’eux aurait justifié l’agression : « C’est mon pote, t’inquiète pas, ce sont des sales Arabes, ils méritent. »

« Je les ai suppliés d’appeler la police ou les pompiers. Tout le monde regardait et riait », a ajouté Meriem Bouchedda. Le couple a finalement réussi à se mettre à l’abri et à alerter les forces de l’ordre. Tous deux se sont vu prescrire 15 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT) et ont déposé plainte pour violences volontaires. La préfecture du Rhône a confirmé le dépôt de plainte et l’ouverture d’une enquête.

Un lycéen de 17 ans « lynché » sur le parvis

Les deux vingtenaires n’ont pas été les seules cibles ce soir-là. Un lycéen de 17 ans, prénommé Adam (prénom d’emprunt), qui ne se rendait même pas au match mais passait simplement à proximité du stade, a été violemment attaqué vers 20 heures, selon le journal local Le Progrès. Mâchoire fracassée, nez cassé et de multiples contusions : le jeune homme s’est vu prescrire 30 jours d’ITT.

D’après le témoignage de sa mère, Adam et ses amis ont croisé la route d’un groupe de plusieurs dizaines de personnes, « certaines avec des cagoules, des matraques ». « Ils ont commencé à les insulter : “Négros, bougnoules, on va vous tuer !” », a-t-elle relaté. Si les amis d’Adam ont réussi à fuir, le lycéen n’a pas eu cette chance. Il a été « lynché » à coups de pied et de poing. « Ils ont failli le tuer », a déploré sa mère, qui a publié un message bouleversant sur Facebook : « Je ne vous souhaite pas de voir votre enfant comme ça, il a besoin d’un chirurgien facial. »

Une plainte a été déposée et une enquête est en cours pour retrouver les agresseurs, précise Le Progrès.

L’OL et les élus condamnent fermement

L’Olympique Lyonnais a réagi lundi par un communiqué, condamnant « fermement toute forme de violence » et annonçant l’ouverture d’une « enquête interne pour établir l’ensemble des faits ». Le club a assuré qu’il ferait preuve de « tolérance zéro envers les violences, le racisme, le sexisme et l’ensemble des discriminations » et qu’il se constituerait partie civile. À ce stade, le club n’a toutefois pas mentionné le cas d’Adam sur ses réseaux sociaux.

Plusieurs élus de gauche ont également pris la parole. « Racistes, hors de nos stades, hors de nos vies », a écrit le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, sur X, apportant son soutien à Meriem Bouchedda et à son conjoint. Le sénateur écologiste du Rhône, Thomas Dossus, a condamné l’« agression raciste » et demandé que les responsables soient « punis et éloignés des stades », « si un lien avec des supporters est avéré ».

Le maire LFI de Vénissieux, Idir Boumertit, a dénoncé une « haine raciste [qui] se déchaîne aux abords du stade de l’OL », rejoint par son homologue de Vaulx-en-Velin, Abdelkader Lahmar, et le député LFI du Rhône, Gabriel Amard. Tous trois ont appelé la préfecture et le club à réagir, déplorant l’« impunité » dont bénéficieraient les auteurs d’actes racistes.

Un climat d’insécurité autour des stades en question

Ces agressions ravivent les inquiétudes sur la présence de groupes violents et racistes aux abords des enceintes sportives. Les références aux Bad Gones et aux t-shirts « identités Lyon » interrogent sur la porosité entre certains supporters et les mouvances d’extrême droite. Les victimes, elles, attendent désormais que les auteurs soient identifiés et sanctionnés.

L’enquête en cours devra établir les circonstances exactes de ces trois agressions et déterminer si elles sont liées. En attendant, la condamnation est unanime, mais pour les victimes et leurs proches, la peur et le traumatisme restent profonds. Le message est clair : la violence raciste n’a pas sa place aux abords des stades, ni ailleurs.

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