« Insupportable » : le conducteur de la voiture escaladée par le député Karl Olive à Poissy brise le silence

C’est une image qui a enflammé la toile et les débats politiques. Samedi 30 mai 2026, au soir de la victoire historique du Paris Saint-Germain en Ligue des Champions face à Arsenal, Karl Olive, député de la 12e circonscription des Yvelines, est filmé debout sur le capot d’une voiture, bras levés, célébrant le sacre au milieu d’une foule en liesse à Poissy. La scène, immédiatement devenue virale, a suscité un torrent de critiques sur le comportement d’un élu de la République. Trois jours plus tard, le conducteur du véhicule, un habitant de Poissy prénommé Pascal, sort du silence. Sa version des faits contredit radicalement la polémique ambiante, qu’il juge « insupportable et ridicule ».

« C’était prémédité, j’assume pleinement »

Âgé de 58 ans, Pascal a accepté de nous rencontrer pour livrer son récit. Loin de l’image d’un automobiliste pris au dépourvu par l’exubérance d’un élu, il décrit une séquence joyeuse et surtout, consentie. « J’assume pleinement la situation et j’étais totalement d’accord avec ce qui s’est passé », affirme-t-il d’emblée. Selon lui, loin d’être une improvisation hasardeuse, ce moment de liesse collective était anticipé. « C’était prévu qu’on se retrouve sur la place de la République. Je suis arrivé avec les phares allumés et en klaxonnant », raconte-t-il, dépeignant l’ambiance festive qui régnait dans la ville après le coup de sifflet final.

Pascal minimise la durée et l’impact du geste de Karl Olive. « Il est monté à peine dix secondes sur mon véhicule. Il a levé les bras en l’air pour célébrer la victoire PSG avec les supporters présents. Et nous avons continué à faire la fête ensuite ensemble », précise-t-il. Une description aux antipodes des commentaires qui ont fusé sur les réseaux sociaux et certains plateaux de télévision, où l’on a pu parler de mise en danger, d’irresponsabilité ou d’atteinte à la dignité de la fonction parlementaire.

« Mon ami Karl est un homme exceptionnel »

Interrogé sur son absence de réaction face au comportement pour le moins atypique d’un député, Pascal balaie les critiques d’un revers de main, évoquant un « fait anodin ». « J’étais loin d’être choqué. J’étais content que mon ami célèbre avec moi », insiste-t-il. Le quinquagénaire ne tarit pas d’éloges sur l’élu, qu’il qualifie d’« homme exceptionnel, un homme de terrain, avec de vraies valeurs, et qui se bat pour faire avancer les choses ».

Face à la controverse, Pascal se dit surtout affecté par le déchaînement médiatique et les accusations portées contre Karl Olive. « Il serait peut-être temps de remettre les choses en perspective et de cesser d’importuner les personnes concernées pour une célébration qui s’est déroulée dans un esprit festif. Mon véhicule n’a subi aucunoc ni aucun dommage. En revanche, ce sont certains propos et certaines accusations qui me choquent profondément », déclare-t-il avec une émotion palpable.

Une amitié née dans les couloirs de Canal+

Le lien entre Pascal et Karl Olive n’est pas né de la dernière pluie. Leur histoire remonte à plusieurs décennies, dans les couloirs de la chaîne cryptée Canal+. Père de famille, Pascal révèle avoir milité pour « Génération Poissy » lors de la dernière campagne municipale, mais leur amitié est bien plus ancienne. « Je le connais depuis très longtemps. Je travaillais pour Top 50 avec Marc Toesca sur Canal+, et c’est là que j’ai rencontré Karl qui était, lui, au sport. C’est devenu un ami et je me suis engagé auprès de lui car c’est quelqu’un, dans ses idées, dans sa clarté, de très bien », confie-t-il.

Un détail chronologique intrigue cependant : l’émission culte « Top 50 » s’est arrêtée en 1993, alors que Karl Olive n’a rejoint le service des sports de Canal+ qu’au début des années 2000. Une incohérence temporelle qui n’entame en rien la sincérité du témoignage de Pascal, aujourd’hui chauffeur-accompagnateur à mi-temps pour des personnes en situation de handicap, après un parcours professionnel l’ayant également mené sur les ondes de France Bleu et NRJ.

De son côté, Karl Olive a fini par réagir à la polémique. Dans une vidéo publiée aux côtés de Pascal, celui qu’il présente comme « un ami », le député a fait son mea culpa. Il a reconnu un comportement « un peu puéril » et admis que monter sur une voiture n’était « probablement pas la meilleure image à donner lorsqu’on est élu ». Des excuses qui, au regard du témoignage du principal intéressé, semblent presque superflues.

Cette affaire, symptomatique de l’époque, illustre la vitesse à laquelle une image sortie de son contexte peut embraser le débat public. Entre la joie spontanée d’une victoire sportive et le décorum attendu d’un représentant de la Nation, la frontière est devenue un champ de mines. Pour Pascal, le dossier est clos. Son capot n’a pas tremblé, mais c’est bien la fureur des réseaux sociaux qui l’a heurté de plein fouet.

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