# Présidentielle 2027 : la question ukrainienne rattrape Marine Le Pen après les propos de Louis Aliot sur « couper le r

Le Pen's Russia Ties Haunt Her Campaign Again

# Présidentielle 2027 : la question ukrainienne rattrape Marine Le Pen après les propos de Louis Aliot sur « couper le robinet »

La candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle est confrontée à un nouveau front diplomatique. Alors que sa campagne était déjà fragilisée par des dissensions internes sur la ligne économique et la question du voile, les déclarations de son vice-président Louis Aliot concernant l’aide militaire à l’Ukraine ont relancé les critiques sur les liens historiques du parti avec Moscou, à huit mois du premier tour.

## Une sortie médiatique qui fâche

L’élément déclencheur est intervenu sur le plateau de BFMTV. Interrogé sur le conflit qui sévit en Ukraine depuis plus de quatre ans, le maire de Perpignan a dressé un constat sévère : la guerre « a appauvri et affaibli l’Europe ». Selon lui, le continent serait piégé dans une dynamique qu’il juge contre-productive, tandis que « des pays très influents se désintéressent de tout ça, à leurs propres bénéfices ».

La réponse du vice-président du RN à une question sur le maintien des aides financières et matérielles à Kiev a été sans ambiguïté : « On coupe le robinet ». Justifiant sa position par l’état des finances publiques françaises, il a déclaré : « On ne peut plus. Le système de santé, le système éducatif, tout le monde est à l’os. On trouve encore de l’argent pour aller défendre l’Ukraine. Je veux rien mais qui paye cette guerre ? Il faut savoir arrêter une guerre ».

## La riposte immédiate d’Édouard Philippe

Ces propos n’ont pas tardé à susciter une réaction virulente dans le camp adverse. Édouard Philippe, candidat du parti Horizons, a saisi cette occasion pour attaquer frontalement la crédibilité internationale de Marine Le Pen. « Couper le robinet à l’Ukraine, c’est servir la Russie », a-t-il asséné, avant d’élargir le spectre de ses critiques.

« Le Rassemblement national a changé de position sur à peu près tout, sauf sur son soutien au régime de Poutine contre les intérêts français et européens », a dénoncé l’ancien Premier ministre. Dans une charge particulièrement dure, il a ajouté : « Affaiblir l’Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen, c’est menacer la sécurité de l’Europe et de la France. Je ferai tout pour l’en empêcher ».

## Un passif russe difficile à effacer

Pour la députée du Pas-de-Calais, ce sujet demeure un angle mort politique. L’image de sa poignée de main avec Vladimir Poutine à Moscou en 2017 continue de circuler, alimentant les soupçons sur la nature des relations entre le RN et le Kremlin. Au-delà du symbole, les votes du parti au Parlement européen témoignent d’une constance : les élus RN s’opposent régulièrement au déblocage de nouvelles enveloppes pour Kiev. En février dernier, Jordan Bardella et son groupe avaient ainsi voté contre le prêt de 90 milliards d’euros proposé par l’institution européenne.

## La contre-attaque de Marine Le Pen

Face à la polémique, la candidate a tenté de recentrer le débat. Sur le réseau social X, elle a réclamé « en urgence une grande conférence pour la paix », plaidant pour « un règlement diplomatique de cette guerre abominable qui a déjà fait deux millions de victimes ».

S’adressant directement à son rival, elle a choisi la stratégie de la contre-offensive en évoquant le bilan diplomatique des gouvernements successifs depuis 2017. « Vous, en revanche, premier ministre d’Emmanuel Macron, avez accepté que Vladimir Poutine soit reçu en grande pompe au château de Versailles puis au fort de Brégançon », a-t-elle rappelé, mentionnant également la réception organisée au Havre en juin 2019 en l’honneur du Premier ministre russe. Une manière de dénoncer le « bilan international piteux » de la majorité sortante.

## Un silence qui en dit long

La réponse d’Édouard Philippe ne s’est pas fait attendre. « Vous pouvez réécrire vos discours sur la Russie, vous ne ferez oublier à personne vos liens avec la Russie », a-t-il rétorqué, rappelant que sa concurrente s’est « opposée aux armes pour l’Ukraine et aux sanctions contre Moscou ». Avant de porter l’estocade finale : « Si vous aviez été élue, l’Ukraine aurait été abandonnée depuis longtemps ».

L’analyse des observateurs souligne un point crucial : dans son argumentaire, Marine Le Pen n’a ni repris ni démenti la formule de Louis Aliot sur la coupure des aides. Ce silence pourrait refléter des dissensions internes au sein du parti sur la stratégie à adopter concernant le conflit, une fragilité que la candidate devra résoudre rapidement si elle veut aborder sereinement la dernière ligne droite avant le scrutin.

Alors que la guerre en Ukraine s’installe dans la durée et que les questions de souveraineté européenne dominent l’agenda, la position du RN sur ce dossier s’annonce comme un test décisif pour sa crédibilité diplomatique. La campagne qui s’ouvre promet d’être particulièrement scrutée sur ce terrain.

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